Harcèlement entre collègues : comment s’en libérer et reconstruire sa sécurité intérieure ?

Le harcèlement au travail ne se limite pas à une relation hiérarchique toxique. Il peut aussi se développer entre collègues, de manière plus insidieuse, diffuse, parfois difficile à nommer. Et pourtant, ses effets peuvent être tout aussi destructeurs.

Derrière des comportements qui semblent “anodins” au départ (remarques répétées, mise à l’écart, critiques déguisées) se cache parfois une mécanique d’usure psychologique profonde.

Dans cet article, je vous propose une lecture complète, à la fois psychologique, corporelle et concrète, pour comprendre ce phénomène, identifier les signaux d’alerte, et surtout amorcer un chemin de reconstruction.

Le harcèlement entre collègues : une réalité souvent minimisée

Contrairement aux idées reçues, le harcèlement ne vient pas toujours d’un supérieur. Entre collègues, il peut prendre des formes plus subtiles :

  • Remarques répétées et dévalorisantes
  • Ironie constante ou sarcasmes ciblés
  • Exclusion des échanges informels ou professionnels
  • Rumeurs ou dénigrement
  • Sabotage du travail ou rétention d’information
  • Mise en difficulté volontaire devant les autres

Ce qui rend ce type de harcèlement particulièrement difficile à identifier, c’est son caractère diffus. Il n’y a pas forcément “une grande agression”, mais une accumulation de microattaques. C’est précisément cette répétition qui constitue le cœur du phénomène.

Les mécanismes psychologiques en jeu

Le harcèlement agit comme une érosion progressive. Il ne détruit pas d’un coup, mais fragilise jour après jour.

Peu à peu, la personne concernée peut commencer à :

  • Douter de ses compétences
  • Se remettre en question de manière excessive
  • Se sentir isolée et anticiper constamment les critiques
  • Se suradapter pour éviter les tensions

La confusion intérieure :  “Est-ce que j’exagère ?” “Est-ce que c’est moi le problème ?”  Cette perte de repères est un signe fort de l’impact du harcèlement.

Quand le corps encaisse : les conséquences invisibles

Le harcèlement ne touche pas seulement le mental. Il s’inscrit profondément dans le corps. On observe souvent :

  • Fatigue chronique et troubles du sommeil
  • Tensions musculaires (épaules, nuque, dos)
  • Signaux d'alerte : Boule au ventre avant de partir, accélération du rythme cardiaque.
  • Impact cognitif : Difficultés de concentration.

Avec le temps, certaines personnes développent des symptômes proches de ceux rencontrés dans le stress post-traumatique : hypervigilance, reviviscences, évitement.

Pourquoi c’est si difficile de réagir ?

Beaucoup de personnes se demandent : “Pourquoi je n’ai rien dit plus tôt ?” La réponse est simple : le harcèlement agit précisément sur la capacité à réagir en créant plusieurs freins :

  1. La peur des représailles
  2. La crainte de ne pas être cru
  3. Le besoin de préserver son emploi
  4. La banalisation des comportements (“c’est l’ambiance ici…”)
  5. L’isolement progressif

À cela s’ajoute une fatigue émotionnelle qui diminue les ressources internes.

Sortir du silence : les étapes essentielles

La première étape est de rétablir une clarté intérieure :

  • Nommer ce que vous vivez
  • Noter les faits de manière objective
  • Observez vos ressentis sans les minimiser
  • En parler à une personne de confiance

Retrouver un sentiment de légitimité est fondamental.

L’importance d’un accompagnement adapté

Dans mon approche, j’intègre la sophrologie et des techniques de mouvements oculaires inspirées de l’EMDR. Pourquoi ? Parce que le harcèlement laisse des traces émotionnelles, cognitives et corporelles.

  • Les mouvements oculaires : permettent de retraiter les vécus marquants et de diminuer la charge émotionnelle.
  • La sophrologie : aide à relâcher les tensions, retrouver un ancrage et reconstruire une sécurité intérieure.

Se reconstruire : un processus progressif

La reconstruction ne se fait pas en un jour. Elle passe par plusieurs étapes :

  • Apaiser le système nerveux
  • Sortir de l’état d’alerte constant
  • Redonner une place au corps
  • Réapprendre à écouter ses sensations sans peur
  • Recontacter ses ressources
  • Capacités, valeurs, limites
  • Transformer le rapport à l’événement
  • Ne plus être envahi par les souvenirs
  • Se repositionner dans sa vie professionnelle… et personnelle

Clés concrètes pour libérer le corps du stress 

On oublie souvent un élément essentiel : le corps enregistre tout. Il ne “tourne pas la page” simplement parce que la situation est terminée ou mise à distance. Il continue parfois à réagir comme si le danger était toujours présent.

Libérer le corps, ce n’est pas effacer le passé, c’est permettre au système nerveux de sortir de l’état d’alerte, pour retrouver de la fluidité, et de redonner de l’espace à autre chose : du calme, de la sécurité, de la présence.

Voici des clés concrètes, simples et accessibles, pour commencer à libérer progressivement ces tensions. Ces pratiques n’ont pas besoin d’être longues ou parfaites pour être efficaces. C'est la répétition (quelques minutes par jour) qui amorce un changement profond.

1. Sortir de l'alerte par la respiration

Le stress chronique rend la respiration courte et rapide. Pour envoyer au cerveau le signal que "le danger est passé" :

  • L'exercice : Inspirez lentement par le nez en gonflant le ventre, puis expirez doucement par la bouche le plus longtemps possible.
  • Durée : 2 à 3 minutes régulières pour diminuer l’hypervigilance.

Pratiquée régulièrement, elle permet de diminuer l’état d’hypervigilance.

2. Relâcher les zones de "mémoire"

Le corps garde en mémoire les situations vécues, dans des zones clés : les épaules (charge, pression), la mâchoire (contrôle, retenue) et le ventre (insécurité).

  • L'exercice : Scannez votre corps. Inspirez en contractant légèrement la zone tendue, puis relâchez tout d'un coup sur une expiration franche.

Ce contraste permet au corps de réapprendre la détente.

3. Évacuer le stress par le mouvement

Le stress est une énergie qui, lorsqu’il n’est pas évacué, reste “bloqué”. Le mouvement permet de le libérer.

  • L'exercice : marcher en conscience, secouer les mains et les bras, ou effectuer de douces rotations du buste. 

L’objectif n’est pas la performance, mais la remise en circulation.

4. Se réancrer dans le présent

Après une expérience de harcèlement, il est fréquent de rester “accroché” à ce qui s’est passé.

  • L'exercice d'ancrage : Ressentez précisément le contact de vos pieds avec le sol. Portez ensuite votre attention sur votre environnement direct via vos 5 sens (ce que vous voyez, entendez, sentez ici et maintenant).

Ce type de pratique réduit les ruminations et apaise le système nerveux.

Et après ? Retrouver une posture juste

Beaucoup de personnes accompagnées me disent après coup :

Beaucoup de personnes accompagnées me disent après coup : “Je ne réagirais plus pareil aujourd’hui.” Ce n’est pas seulement une question de “se défendre”, mais de :

  • Mieux percevoir les signaux faibles
  • Poser ses limites plus tôt
  • Se faire confiance pour ne plus tolérer l’inacceptable

En conclusion

Le harcèlement isole. Il fait croire que l’on est seul à vivre cela. Mais ce n’est pas le cas. Et surtout : il existe des solutions, des accompagnements, des chemins de sortie.

Besoin de soutien ?

Si vous traversez actuellement une situation de harcèlement au travail, ou si vous en ressentez encore les effets aujourd’hui, il est possible d’être accompagné de manière douce, respectueuse et progressive.

Je propose un accompagnement spécialisé en gestion des traumatismes, combinant sophrologie et mouvements oculaires inspirés de l’EMDR, adapté à votre rythme.

Vous pouvez me contacter pour en échanger ou prendre rendez-vous.

Jérôme LIEPPE sophrologue

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